Dis maman, papa il a essayé ?
C'est pas que je sois parano, mais force est de constater, qu'environ une fois par trimestre, la chance nous quitte....et c'est rien de le dire.
Le retour de la scoumoune d'enfer, en somme.
Bon allez, j'y vais.
Il y a quinze jours, un jeudi, à la fin d'une harassante journée de cours passée à réveiller les élèves ou au contraire les prier de dormir un peu, histoire que moi, je m'entende un peu parler, je rentre chez moi, terrassée, il faut bien l'admettre, par la fatigue, un tour de rein monumental et des maux de ventre qu'à la légère, je pris d'abord pour les prémisses d'une gastro... en fait, l'anti-inflammatoire que j'avais dû prendre, rapport à mon tour de rein consécutif à une insouciance dégoulinante d'instinct maternel (j'avais porté mon aînée !) m'avait complètement détraqué ...à peu près tout et déjà je me voyais clouée au lit et dans l'incapacité de m'occuper de mes filles, de ma maladie, de mon homme...bref, je faisais du Zola dans ma tête.
Le lendemain, je ne vais pas travailler, forcément j'étais quand même fragilisée.
Acte I : je me dis qu'un fard à paupières, y a rien de tel pour se remonter le moral et voilà-t-y pas qu'après avoir déposé les deux choupinettes à l'école, je m'en vais, d'un pas quasiment guilleret quoique le teint blafard, du genre navet, vers ma parfumerie préférée.
Où je déniche un splendide fard, qui au passage me fait les yeux de P*enelope C*ruz et où je tombe en arrêt devant un pot de crème anti-rides.
Arrive Josiane, vêtue de sa bonne volonté mercantile et de son uniforme d'esthéticienne, toute prête à me conseiller. Et me dire qu'en fin de compte, je devrais m'acheter la panoplie entière des soins anti-âge.
Parce que, oui, madame, votre peau est marquée.
- ....
- je vois que vous avez la peau mixte (ah bon ?) et ce sont les peaux qui s'affaissent le plus (ah....déjà que je ressemble à guy bedos au réveil )....
- puis en plus, vous avez des cernes...et des ridules....
- .....
- oui...puis vos sillons nasogéniens commencent à se voir, hein.....faut voir à pas traîner, madame....
- à ce stade-là, j'avais renoncé à répondre, au bord de la catalepsie, j'ai préféré hocher de la tête avec consternation.
- oui, là !! mais c'est normal, madame, avec des enfants petits, le stress de la vie moderne, et patati et patata....
donc bon bref, j'en suis à l'étape juste avant le botox, faut pas traîner, bientôt on me prendra pour la grand-mère de mes enfants. Puis après, quand j'aurai vendu un rein pour m'acheter un serum anti-rides à 125 euros les 15 ml, me faire faire un lifting et des injections, je ressemblerai à Sheila.
Forcément ragaillardie par tous ces compliments et ces perspectives, je rentre. P*enelope C*ruz s'éloigne un peu, mais je me console en me disant qu'après tout, le surlendemain, je vais voir chantal goya et que si c'est ça, c'est pas un vrai bain de jouvence, je mange ma capeline.
Acte II : le dimanche après midi, départ pour le zénith de Lille.
Ambiance d'enfer, que des trentenaires qui connaissent encore mieux les chansons que leur progéniture, qui tapent dans les mains, chantent comme des fous tout ça.
Nous on était à donf. Tokyo Hotel peut aller se rhabiller, Chantal elle envoie !
Victoire debout sur sa chaise dansait et chantait...ça promet pour l'adolescence du reste !!
Sauf que quentin qui n'avait pas voulu venir, au motif qu'il fallait bien garder la petite dernière, avait un train à prendre à 19h30 en gare d'arras.
Et que le spectacle avait commencé très en retard, que l'entracte avait duré 35 minutes et qu'on a dû partir avant la fin, à 45 minutes de la fin....
Juste avant le Chat botté, même.
Dégoûtées, complètement écoeurées, surtout les filles, surtout la grande que nous avons consolée fatalement en désignant un bouc émissaire, en l'occurrence le chef de papa, et donc le chef d'état major de nos belles armées, autant voir en grand.
Et c'est là qu'on s'est rendu compte qu'un petit de 4 ans pouvait être super machiavélique, limite fourbe et extrêmement rancunier...car la nôtre a concocté une terrible vengeance, mettre ce pauvre général, qui n'y est pour rien si mamie Goya n'est pas fichue de commencer à l'heure et est obligée de souffler 35 minutes, vu que danser avec bécassine, ça finit par fatiguer ses petites jambes plus aussi vaillantes, tout nu au milieu de la cour de son école (les Invalides, donc, je vois que ça).
Et il ne se passe pas deux jours sans qu'elle me demande si papa a en effet essayé de chiper son uniforme à son chef pour lui coller la honte en plein hiver ...
En même temps, si elle n'y avait pas pensé, elle serait encore en train de pleurer, la pauvre....
Acte III : l'aspirateur est mort. Et il n'avait qu'un an. Et il n'était pas sous garantie.
Et j'ai toujours des rides, des cernes, des ridules et des poches sous les yeux.
Et des sillons nasogéniens, et bientôt plus de poste.
Elle est pas belle, la vie ?!