Deux sur trois...(seconde partie)
Donc oui, ce matin était LE grand matin !!
Et on avait tout bien préparé hier soir, la rôbe roooooooooooooooose, la jupe rooooooooooooose (pas question maman de mettre un pantalon !), les "pitites chaussures de cendrillon", on avait bien réglé le réveil matin, bref, dans les starting-blocks on était !
Bon tout s'est grosso modo bien passé.
Dans le détail, Victoire dès 6h55 - ils n'ont pas de pitié, ces sales gosses - a déboulé dans la cuisine, alors que moi j'émergeais presque péniblement devant ma ricorée, pressée qu'elle était de mettre sa jolie jupe; bon, amour maternel ou pas, je l'ai illico presto envoyée dans sa chambre, où elle s'est du reste rendormie !
7h30, réveil grincheux des trois, plus habituées à de si matinaux horaires (c'est bien dit, non ?), petit déj brioche maison (eh oui, bobonne je suis bobonne je reste), confiture tout ça, on enfile les robes et pantoufles de vair et hop, on file à l'école.
Jusque-là, j'assurais grave. Dans la dignité, la retenue, impec.
Nous arrivons à l'école, je dépose les filles et leurs doudous dans leurs classes respectives....et l'histoire s'achève là, toujours dans la dignité recueillie ou pas loin.
Oui. Sauf que moi, contrairement à mes trois chérubinettes, je n'ai pas de doudou en ce moment. Rapport au fait qu'il s'est honteusement carapaté à Sissone, le doudou, soi disant que ça se fait pas de laisser son boulot et de déserter pour une banale rentrée des classes. Pas cool le doudou.
En même temps, je suis forte et digne.
Mais tout de même, un peu désemparée par le manque total de chagrin de ma cadette, qui n'a quand même pas encore 3 ans et qui allait à l'école pour la première fois aujourd'hui, je me suis pensé fort intelligemment que j'allais, en repassant devant sa classe - pas loin de la sortie, c'est là tout le problème, l'architecture de cette école est à repenser, moi je dis - que j'allais disais-je, voir si tout se passait bien pour elle.
Funeste erreur.
Manque de discernement Emmanuelle.
Donc bon, sur les lèvres le sourire crispé de la maman qui a légèrement envie de pleurer, je passe devant la porte ouverte de la classe. Je vois cette petite ingrate, manifestement plus occupée à jouer qu'à me regarder, voire à me guetter. Je fais vainement de grands moulinets de bras pour attirer l'attention de cette petite distraite, puis constatant que vraiment c'est d'ingratitude qu'il s'agit, je l'appelle.
Re-manque d'intelligence.
Car là, l'air de rien, j'ai sapé le moral de Guillemette et ai perdu toute crédibilité en tant que mère-forte-qu'elle-assume-tout-même-sans-doudou.
Donc la petite s'est mise à pleurer, a réclamé son sac pour y remettre son doudou et rentrer à la maison avec moi....Horreur. A ce moment, le regard de l'instit ressemble vaguement à un peloton d'exécution. Je me fait toute petite, forcément je me dis que c'est peut-être pas une trop bonne idée de la prendre dans mes bras et de la consoler ....
Donc je suis rentrée un peu lamentablement avec la dernière, qui Dieu merci, m'a largement tenu compagnie tout le matin et n'a eu de cesse de me rappeler qu'elle, elle ne va pas à l'école....je sais donc désormais qu'on peut tout faire avec 9 kg de bébé gigotant dans les bras, y compris passer l'aspirateur et la serpillère, cuisiner et étendre sa lessive !
A l'heure qu'il est, j'ai recouvré tous mes esprits et mon honneur, et c'est du reste ce qui vous sauve du récit de ma pré-rentrée....faut dire que des profs dans une salle, même en robes roses, c'est nettement moins mignon qu'une rentrée en maternelle....je me dois également d'ajouter que Jojo le mérou étant de retour, je le crains ( vous vous rappelez décembre dernier ?), eh bien, il n'y a rien à raconter !