la vie en gris

Publié le par Emmanuelle

Merci à mes amis de me fournir quelques idées et sujets d'articles de nature à susciter la polémique, déchaîner les passions et quasiment faire de ce blog une espèce de passage obligé de la branchitude; du reste, j'avoue avec sincérité que j'ignorais complètement, chère pingouinelle, que l'on pouvait s'amuser à se laisser pousser les ongles des orteils à seule fin de se gratter le nez....y a pas à dire, votre fréquentation est de jour en jour plus enrichissante et même surprenante !

J'ai bien pensé succomber à la facile tentation de vous raconter pourquoi, par exemple, je ne porte plus jamais de pantalon en cuir ou pourquoi je ne m'assois plus jamais sur mon bureau quand je fais cours.... évidemment, je pourrais faire semblant de me lamenter "eh oui, ces saint-cyriens, quand je mettais mon sublime pantalon en cuir noir, eh ben, ils m'appelaient maîtresse : vous vous rendez compte ? mais y z'ont quoi dans le crâne ?...."

Quant à mes prétendues postures sharon-stonesques sur le bureau  (dixit un élève de seconde, soit de 16 ans, ça craint tout de même), je ne m'étendrai pas plus sur le sujet, j'en ai déjà trop dit.....N'insistez pas c'est non !! (en même temps, si vous insistez, ce pantalon en cuir, l'était quand même vachement chouette...)

C'est évident et même prévisible que tout cela à défaut d'attirer votre estime, ferait venir du monde ....

Je n'ai pas spécialement envie non plus d'aborder la question dont tout le monde cause et pour laquelle on est appelé à se prononcer demain....même si ça me démange de dire qu'à mon sens, le plateau des Glières mérite un peu mieux que le pélerinage présidentiel auquel il risque fortement de se voir désormais consacré...

 Me vanter de mes enfants...pfff....pas ma tasse de thé....en même temps, tout de même, Clémentine-toujours-cinq-repas rampe et fait du quatre pattes ....et à neuf mois commence à se mettre debout dans mon parc. Je sais qu'il n'y a là rien d'exceptionnel, que sans doute Frison-Roche escaladait à poussette à trois mois et que Stéphane Diagana à n'en pas douter non plus galopait plus vite que les autres au même âge, mais bon, je suis  tout de même fière !

J'ai bien pensé vous raconter la magnifique gaffe estampillée "éducation nationale" dont j'ai été la victime un peu perverse, je l'avoue, il y a peu....

Allez, vu ce qui suit, je vous la raconte quand même !

La scène se passe en salle des  profs, je discute avec une collègue de bio, tout droit échappée soit d'une manif soit du catalogue de la c*amif, pantalon de velours marronnasse, pull irlandais qui arrive facilement jusqu'aux genoux, cheveux assortis au pantalon et pas coiffés d'une manière super féminine.... pas coiffés du tout en réalité....peau luisante et légèrement boutonneuse....collègue sympa mais.... comment dire ? manifestant un dédain extrêmement prononcé pour toute forme de féminité, qui dans son esprit au demeurant bien outillé et très plaisant, est sans doute synonyme de perte de temps et de futilité.

Donc nous papotons et inévitablement, on en vient à parler politique et élections...et entre autres banalités, je lui dis combien il est important d'aller voter (chais pas pourquoi j'ai sorti une telle ânerie tant elle a le profil d'une suffragette !!)  et je lui rappelle que nous pauvres femmes, nous avons eu le droit de vote grâce à de Gaulle en 46 et avant les militaires ...  

Et elle avec candeur de renchérir , ne se méfiant pas de mon sourire de plus en plus carnassier (voyez, le même que celui du loup dans le petit chaperon rouge) : "c'est normal qu'on ait eu le droit de vote avant eux....on est plus intelligentes que tous ces bidasses ! "

 Et moi ...eh eh, dans un élan sadique "oui, tu as parfaitement raison....d'ailleurs, mon mari est militaire et je peux te le dire, je suis bien plus intelligente que lui.."

C'est curieux, cette prof ne me parle plus trop....elle m'évite même !!

 

Non ce dont je vais vous entretenir, c'est de ma soirée d'hier.

Un vendredi soir agité, avec au menu tout à la fois la kiné respiratoire pour Bidulette, le docteur pour le barbacapitaine, mon retour du collège après une éprouvante journée passée à suer dans des salles exposées plein sud dont les fenêtres n'ouvrent pas, un orage monstrueux et...il faut bien que tout arrive, le moment où on s'écroule dans notre lit, devant un livre et/ou la télévision.

Monsieur avait choisi de bouquiner, moi j'ai tenté un ou deux feuilletons, un ou deux chapitres de mon livre , puis dans un coma non pas éthylique, mais déjà bien profond, je décide de zapper et de dormir. Je sais, c'est illogique, mais à 22h30 le vendredi, ne me demandez pas en plus d'être brillante ! Je zappe et je tombe sur l'hommage que la première chaîne rendait à un jeune homme qui a gagné il y a deux ou trois ans la Star Ac et qui vient de mourir à 23 ans de la mucoviscidose.  Un plateau avec ceux qui l'ont bien connu, ou qui ont été profs à la star ac ou ont produit ses disques, ou encore  ont été élèves avec lui, ou encore des artistes reconnus.

Hommage égale émission guimauve, avec tous les poncifs du genre, les reportages dithyrambiques, sponsorisés par K*leenex, les témoignages émus et j'en passe. Rien que de l'habituel sur cette chaîne et je m'endors.

Je me réveille trois minutes après : une chanson que j'aime bien, je crois et là, je tombe sur LE moment réellement émouvant de la soirée.

Et là, je me mets à pleurer en voyant les images de ce petit jeune homme, tout mignon, tout souriant, très ému aussi le soir où il remporte le trophée de la star acédemy et embrasse ses parents, très émus aussi.

Je précise bien que je ne sais rien de ce chanteur, je ne connais pas ses disques, je n'avais pas suivi l'émission (oui, j'en regarde, des trucs pas terribles à la télé, mais celui-ci, non ! ), mais là je me suis vraiment rendu compte que c'était terrible de mourir à 23 ans, au moment où on commence à réaliser ses rêves, ses ambitions, au moment où la vie est tellement sympa, où l'on peut en général en profiter.

Et là, retour sur le plateau de l'émission, tout le monde a l'air terriblement triste, mais seules deux femmes pleurent.  A peu près autant que moi.

Et là j'ai compris. Les deux qui pleurent ont au moins mon âge et sont mamans. Les autres, les jeunes, ils ne se rendent pas compte, le monde leur appartient. Moi je me dis que c'est terrible de mourir aussi jeune, et que ce petit jeune homme, Grégory, c'est à sa maman, son papa et ses frères et soeurs qu'il manque le plus.

Que ce n'est pas dans l'ordre des choses.        

  

 

 

  

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Publié dans barbablonde

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P
moi je préfere la vie en rose!!!
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S
Sûr que c'est dur cette vie qui s'en va dans la fleur de l'âge  ... Ca fait relativiser ce qui pourrait bien advenir de nous dans les années à venir ...
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T
un blog à l'aspartame ?! <br /> beurkkkkkk <br /> ;-)
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E
collégien.... collégien...tu peux assumer !! les cyrards en moyenne avaient 25 ans...<br />  <br /> et encore, j'ai passablement édulcoré....
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T
ben tu sais, ton dernier paragraphe coupe un peu l'envie de jouer à lancer des polémiques ! ça parait tout de suite moins drole à côté<br /> <br /> note toutefois que j'ai bien aimé les passages vestimentaires mais je crois que ça vient du fait que ma libido est restée bloquée au stage collégien :-))
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